Le projet de nouveau McDonald’s sur le rond-point Hanin a déjà fait couler beaucoup d’encre.

Cette fois, c’est fait : la demande de permis d’urbanisme a été introduite et l’enquête publique est désormais ouverte. Vous avez jusqu’au 15 décembre pour réagir en écrivant au Collège communal, av. de Mérode 75 à 1330 Rixensart.

Concrètement, le projet prévoit la démolition d’un bâtiment à usage d’ancien shop de station-service désaffectée afin d’y construire un restaurant avec Drive-in, incluant :

  • L’aménagement du terrain avec drive sur 2 niveaux (un niveau rez-de-parking de 229 m² et un niveau rez-de-voirie, de 432 m²) ;
  • L’aménagement de zones vertes et l’adaptation du parking existant ;
  • La pose d’enseignes sur les façades du nouveau restaurant et de panneaux publicitaires sur le terrain.

Les détails du dossier sont téléchargeables en suivant ce lien : https://docs.rixensart.be/index.php/s/iobpa9D5vAtrUQX#pdfviewer

Nous avons consulté, avec le plus grand intérêt et dans tous ses détails, cette demande de permis afin d’en connaître tous les éléments et impacts. Voici notre analyse de ce dossier.

 

Un projet d’envergure disproportionné au regard de son environnement

 

Le problème fondamental concerne l’envergure du projet, tant pour son gabarit que pour sa capacité d’accueil de clients, inadaptées à la configuration des lieux.

La « Note d’évaluation des incidences  » jointe au dossier se veut optimiste quant à la « bonne » insertion d’une telle implantation dans le tissu économique local. Elle se base ce faisant sur des études menées dans des villes « du type de Rixensart » comme Huy, Arlon, Ath ou Marche.

Pour notre part, nous doutons de la pertinence de ces points de comparaison. Les McDonald’s de Marche, Arlon ou Ath sont en effet situés le long d’une route nationale ou à l’entrée de l’autoroute. Concernant le McDonald’s de Huy, nous ne pouvons que constater que cet établissement, bien qu’inclus dans un centre urbain plus développé, celui-ci n’a pas la même surface et envergure que celui proposé pour Rixensart.

Par conséquent, à l’évidence, cette nouvelle implantation est d’une ampleur démesurée par rapport aux petits commerces et établissements Horeca existants dans le quartier.

 

Un impact considérable en termes de mobilité

 

Ce projet est situé au croisement de deux axes importants de circulation internes à la Commune de Rixensart, un point névralgique entre les entités de la commune qui relie également Rixensart aux communes avoisinantes de La Hulpe, Lasne et Ottignies/Court-Saint-Etienne. Des ralentissements et files importants sont déjà constatés à certains moments sur ces voiries et à l’abord de ce giratoire.

 

Une estimation minimisée de l’augmentation du flux automobile

 

L’étude de mobilité fournie par le demandeur minimise l’impact de l’augmentation du trafic. Tout d’abord, les comptages de trafic sont réduits à un strict minimum, à savoir une limitation sur deux jours, ce qui limite dès lors leur représentativité. De plus, cette étude se base sur une hypothèse selon laquelle seul 50% des personnes venant au McDonald’s font spécifiquement le trajet pour y venir.

Les 50% restants visent des personnes fréquentant le McDonald’s lorsque celui-ci se trouve sur leur passage. Ces derniers ne sont dès lors pas considérés comme constituant un flux automobile supplémentaire.

Ces hypothèses de base sont sujettes à caution et amènent à des résultats surprenants où certains tronçons de voiries verront leur trafic diminuer (!) après l’ouverture du McDonald’s ! De quoi s’interroger sur la qualité et l’objectivité de l’étude, tant elle se veut rassurante.

 

Une étude de mobilité communale prenant en considération le projet de Colruyt

 

Cette étude de mobilité requiert la prise en considération, outre de ce nouveau McDonald’s, du projet d’implantation de Colruyt sur le site des anciens entrepôts Genné. Or, dans le cadre de l’étude d’incidence réalisée dans le cadre de ce projet Colruyt, le constat était que la capacité du giratoire n’était pas suffisante pour absorber les flux automobiles supplémentaires engendrés par ce projet.

Il nous paraît indispensable, avant toute décision, de finaliser une étude communale de mobilité pour ce giratoire et les voiries qui y aboutissent, dont les capacités limitées ne pourront absorber les flux supplémentaires liés à ces projets. L’étude globale de mobilité ferait partie intégrante du Schéma d’orientation local que nous appelons de nos vœux.

 

L’impact en termes de mobilité douce

 

Ce projet aura également des conséquences négatives pour la mobilité douce – vélos et piétons. La fréquentation de cet établissement va multiplier les entrées et sorties de véhicules sur le rond-point, le système de drive-in aggravant encore ce phénomène.

Cette augmentation n’est que marginalement compensée par la suppression du stationnement actuel sur le site de l’ancienne station-service. Or, le rond-point est déjà dangereux aujourd’hui, notamment dans les traversées de voiries pour les piétons et les entrées et sorties du rond-point pour les cyclistes. Ce ne sont pas les mises en peinture rouge de 2 tronçons de pistes cyclables et l’élargissement ponctuel d’un trottoir qui vont changer la donne. Ici aussi, il est nécessaire de procéder à une révision complète du schéma de circulation autour et dans le rond-point.

 

Des conséquences en termes de nuisances lumineuses

 

Le projet entre en dérogation aux Guide régional d’urbanisme et Guide communal d’urbanisme quant aux enseignes et dispositifs publicitaires.

De plus, ce projet se situe, conformément au Schéma de développement communal, en espace d’activités économiques mixtes et de service. Dans le cadre de cette zone, il est notamment recommandé de veiller à « limiter les nuisances liées à la proximité d’activités économiques et de résidence en imposant une zone-tampon ou un écran ».

Or, il convient de constater que le dispositif publicitaire, contraire aux règles communales et régionales, impliquera des nuisances lumineuses nocturnes directes pour les habitations voisines.

 

Le non-respect du relief naturel du sol

 

Ce projet prévoit une importante modification du relief du sol par des terrassements de près de 2.000 m³ contraires aux indications du Schéma de développement communal.

 

Un besoin d’outils communaux adéquats

 

Par ces constats, nous ne pouvons que regretter l’absence d’outils existants, au niveau communal, en matière de développement commercial et urbanistique. En effet, comme nous l’avions demandé à maintes reprises, l’adoption d’un schéma communal de développement commercial et d’un schéma d’orientation local auraient permis au Collège de se positionner plus solidement par rapport au projet actuellement sur la table.

 

Un schéma communal de développement commercial

 

Depuis plus d’un an, nous plaidons pour que le Collège lance un « Schéma de développement commercial », pour faire le point sur la situation de nos commerces et Horeca et établir des orientations pour les développements futurs.

Un véritable guide pour la décision qui peut également se développer en cohérence et collaboration avec les communes avoisinantes.

Seul cet outil aurait permis de développer une approche cohérente et proportionnée en termes d’offres commerciales répondant aux questions suivantes : à l’heure où nos commerces locaux sont à la peine, nos restaurants et snacks sont en souffrance, est-il opportun d’ajouter un fast-food à l’offre existante ? Et surtout : quel équilibre entre les différentes formes de commerces afin de concrétiser le développement des circuits courts, produits locaux et bio, et la consommation durable avec moins de déchets ? Comment concilier ces projets avec les objectifs locaux de développement durable promus politiquement (Agenda 21, Climarix) ?

 

Un schéma d’orientation local (« SOL »)

 

Nous ne cessons également d’insister sur la nécessité de lancer une procédure de « Schéma d’orientation local – SOL » (nouvelle dénomination des plans communaux d’aménagement) pour élaborer une vision partagée, durable et à long terme de l’ensemble du quartier autour de ce rond-point afin de cadrer les évolutions futures après le départ de l’entreprise Genné.

L’absence d’un tel outil laisse la commune sans grands moyens face à une pression immobilière et commerciale croissante.

 

Conclusion

 

Au vu de ces éléments, nous insistons sur la nécessité que ce projet soit refusé. Il nous paraît indispensable, avant toute décision, de finaliser une étude globale de mobilité sur ce giratoire et les voiries qui y aboutissent. Cette étude globale de mobilité doit nécessairement inclure les évolutions futures de cette zone, notamment suite au départ de l’entreprise Genné.   

Ecolo Rixensart réitère l’urgence pour le Collège d’entamer les démarches en vue d’adopter un Schéma de développement commercial communal et un Schéma d’orientation local, afin de pouvoir se positionner plus solidement par rapport à de tels projets.

Tout projet urbanistique doit s’inscrire, de manière cohérente, dans le cadre d’un aménagement du territoire durable. Les conséquences de tels projets urbanistiques doivent être analysés sous tous les prismes et objectifs fixés par la politique communale tels que Agenda 21, ClimaRix, Commune zéro déchet, Fairtrade, plan lumiere, plan Maya, etc.

Il est, selon nous, essentiel que le Collège fasse usage de ces outils pour assurer et exécuter une politique globale et cohérente. 

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