Colruyt, MacDonald’s et Danneels: la fièvre immobilière

 

Trois projets élaborés bien avant la crise sanitaire, trois projets qui sont désormais relancés et qui méritent une réelle réflexion.

 

Colruyt et MacDonald’s

 

Une grande surface commerciale et un fastfood supplémentaires. A l’heure où nos commerces locaux sont à la peine, nos restaurants et snacks sont en souffrance, est-il opportun de rajouter une surcapacité de surfaces de grande distribution et de fastfood? Et surtout: quel équilibre entre les différentes formes de commerce afin de concrétiser le développement des circuits courts,  produits locaux et bio et la consommation durable avec moins de déchets ? Comment concilier ces projets avec les objectifs locaux de développement durable promus politiquement?

Depuis plus d’un an, nous plaidons pour que le Collège lance un « Schéma de développement commercial », pour faire le point sur la situation de nos commerces et Horeca et établir des orientations pour les développements futurs. Une sorte de guide pour la décision. Il est regrettable que cette proposition n’ait pas été mise en œuvre car elle aurait permis au Collège de se positionner plus solidement par rapport aux projets actuellement sur la table.

Par ailleurs, les projets de nouveau Colruyt et MacDonald’s sont situés autour du rond-point Paul Hanin, un nœud de circulation déjà saturé à certaines heures. Il nous paraît indispensable, avant toute décision, de finaliser une étude globale de mobilité pour ce giratoire dont la capacité est limitée et ne pourra absorber les flux supplémentaires liés à ces deux projets. Une réflexion serait en cours pour une vision commune pour les alentours du rond-point et devrait utilement faire partie de l’élaboration d’un « Schéma d’orientation local » (SOL) (nouvelle dénomination des plans communaux d’aménagement) pour cadrer l’évolution de ce quartier après le départ de l’entreprise Genné qui occupait les entrepôts.

Enfin, les nuisances sonores pour le voisinage engendrées par le projet d’établissement du MacDonald’s doivent également être prises en compte dans la décision.

 

Danneels

 

Il s’agit du projet de lotissement dit « des Bénédictines », à l’angle de la rue du Monastère et de l’avenue Boulogne-Billancourt. Il est question de créer 32 nouveaux logements dont 27 répartis sur la plus grande partie du terrain (3,6 ha).

Ici aussi, il y a une contradiction entre la réalité de la promotion immobilière et les principes de ralentissement de l’artificialisation du sol et de resserrement de l’habitat autour des centres. D’autant que le nombre de logements prévus dépasse la limite recommandée par notre Schéma de développement local (25 logements) et ce, alors que Rixensart est déjà la deuxième commune la plus densifiée du Brabant wallon.

Tout ceci avec, une fois de plus, des répercussions inévitables sur la mobilité: d’une part, sur la rue du Monastère dont le gabarit est déjà insuffisant pour le trafic actuel et, d’autre part, sur le carrefour av. Boulogne-Billancourt/N275, l’un des points noirs des statistiques d’accidents sur la commune.

A noter qu’une enquête publique sur ce dossier est en cours jusqu’au 16 septembre, n’hésitez pas à y participer (informations sur le site de la commune).

Dans le contexte de la crise sanitaire, il est essentiel de rester attentifs à ces projets immobiliers et de repenser durablement l’aménagement du territoire.  Nous  appelons le Collège à utiliser les  leviers dont dispose le niveau communal pour amorcer le changement vers un monde plus durable et plus conforme aux attentes des citoyens d’après crise sanitaire.

Votre groupe des conseillers communaux Ecolo : Vincent Darmstaedter, Amandine Honhon, Aurélie Laurent, Philippe Lauwers, Fabienne Petiberghein et Charlotte Rigo.

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