Une enquête publique est en cours concernant un projet de construction de trois habitations unifamiliales rue du Grand Cortil, à Rosières.
📅 L’enquête se déroule du 18 mars au 1er avril 2026.
Derrière ce projet, une question essentielle se pose :
👉 respecte-t-on encore les règles d’aménagement du territoire fixées par la commune ?
Un projet qui cumule les dérogations et les écarts
Ce projet :
- déroge au plan de secteur (empiètement en zone d’espaces verts d’intérêt paysager),
- s’écarte du schéma de développement communal (SDC),
- et ne respecte pas plusieurs prescriptions du schéma d’orientation local (SOL) et du guide communal d’urbanisme (GCU).
👉 Ces outils ne sont pas accessoires :
Ils définissent comment notre territoire doit évoluer.
Le SDC est clair : préserver les ouvertures paysagères
Le terrain est situé en zone d’ouverture paysagère, pour laquelle le SDC (section 1.8 – pages 57) fixe des objectifs précis :
- une densité de référence de 5 logements par hectare,
- le maintien de vues vers le paysage depuis l’espace public,
- et la préservation d’un caractère ouvert et peu bâti.
Or ici :
- le projet atteint environ 6,7 logements/ha, soit au-dessus de la recommandation ;
- il introduit des habitations semi-contiguës, alors que le caractère ouvert est recherché ;
- et il ne garantit pas suffisamment les ouvertures paysagères, notamment faute d’une zone non bâtie suffisante.
👉 Ce n’est pas un simple ajustement :
c’est un écart clair par rapport aux objectifs du SDC.
Et ces objectifs ne sont pas théoriques :
le SDC précise qu’ils doivent servir de référence pour refuser les projets inadaptés.
Un modèle d’urbanisation contraire au quartier
Le SDC et le SOL du Grand Cortil visent un modèle basé sur :
- des habitations en ordre ouvert (4 façades),
- une implantation aérée,
- et des espaces non bâtis importants pour préserver les vues.
👉 Le choix de maisons jumelées et une densification plus élevée vont à l’encontre de cette logique.
Petit à petit, ce type de projet contribue à :
- refermer les paysages,
- réduire les vues,
- et banaliser un quartier qui avait été conçu pour rester ouvert.
Le GCU : des règles concrètes… elles aussi contournées
Au-delà des principes, le guide communal d’urbanisme (GCU) fixe des règles précises.
Or le projet s’en écarte sur plusieurs points :
- hauteur sous corniche supérieure aux limites autorisées,
- modifications importantes du relief du sol, pourtant strictement encadrées (page 49),
- aménagements en zone de recul, normalement non constructible,
- implantations et équipements en zone de cours et jardins, où ils sont en principe interdits.
👉 Ces prescriptions ne sont pas optionnelles :
elles visent à garantir un développement cohérent, lisible et respectueux du paysage.
Une logique inversée
Pour justifier ces écarts, le promoteur invoque :
- la configuration du terrain,
- la nécessité d’adapter le projet,
- ou encore des précédents dans le quartier.
👉 Mais cela revient à inverser complètement la logique :
Ce n’est pas aux règles de s’adapter au projet,
C’est au projet de respecter les règles.
Sinon, les outils comme le SDC et le GCU perdent toute portée.
Une incertitude environnementale préoccupante
Le projet prévoit un système de drains de dispersion, partiellement situés en zone d’espaces verts protégés.
Un rapport d’essais de percolation a bien été réalisé. Celui-ci montre que le sol est apte à l’infiltration.
Mais plusieurs questions importantes restent sans réponse :
-
ce rapport concerne principalement l’infiltration des eaux, et non leur qualité après traitement ;
-
aucune analyse détaillée ne démontre l’efficacité globale du système pour épurer les eaux usées de trois habitations avant infiltration ;
-
le site se situe dans un environnement sensible (zone de captage, proximité Natura 2000, vallée de la Lasne) ;
-
la présence d’une nappe phréatique relativement proche appelle à une prudence accrue.
👉 Dans ce contexte, une évaluation environnementale plus approfondie semble indispensable.
Une alternative existe
Réduire le projet à une ou deux habitations permettrait :
- de respecter la densité recommandée,
- de préserver les vues paysagères,
- et d’éviter la majorité des dérogations et écarts.
👉 Bref, de respecter les règles plutôt que de les contourner.
Faites entendre votre voix
📅 Jusqu’au 1er avril 2026, vous pouvez :
- consulter le dossier, sur le site internet de la Commune de Rixensart ou au service urbanisme, Colline du Glain 33 à 1330 Rixensart
- envoyer vos remarques au Collège communal, par mail à enquete-annonce@rixensart.be en mentionnant la référence PU/2025/153
- ou intervenir lors de la séance de clôture, le 1er avril 2026 de 09h00 à 09h30.
👉 Voici un modèle de lettre que vous pouvez utiliser pour répondre à l’enquête publique: Modèle de lettre de réponse à l’enquête publique du Grand Cortil
Participer à une enquête publique, c’est défendre concrètement son cadre de vie.
Respecter les règles aujourd’hui, préserver Rixensart demain
Le SDC et le GCU ont été adoptés pour :
- préserver les paysages,
- garantir une cohérence urbanistique,
- et protéger l’intérêt collectif.
👉 Les contourner systématiquement, même “un peu”, c’est affaiblir progressivement ces protections.
À Rosières, comme ailleurs :
👉 les dernières ouvertures paysagères méritent d’être préservées.
- Annexes:
- Plan de secteur (PDS)
- Schéma de développement communal (SDC):
- Schéma d’orientation local (SOL) – ex-PCA:
- Guide Communal d’urbanisme (GCU):
- Modèle de lettre que vous pouvez utiliser pour répondre à l’enquête publique:

J’ajoute que le chemin du Grand Cortil est l’un des derniers à Rosières à offrir de si belles vues sur la vallée de la Lasne