RAPPEL : une tente événementielle (provisoire) de 400 personnes et une aire de stationnement de 145 places en zone d’espaces verts dans les abords du château de Rixensart et de la zone Natura 2000

 

Nous avions pris position (voir ici) contre ce projet à l’occasion de l’enquête publique organisée l’année dernière pour une demande de permis d’urbanisme introduite par la Fondation Mérode.

Cette demande comportait un nombre considérable de dérogations tant au plan de secteur qu’à notre Schéma de développement local et à notre Guide communal d’urbanisme. Ce projet portait gravement atteinte à l’environnement et à la biodiversité du site, sans parler de son caractère « incongru » (selon les termes de la Commission royale des monuments et sites) à proximité immédiate du château, classé au patrimoine exceptionnel de Wallonie. Il engendrait également des nuisances difficilement acceptables pour les riverains (nuisances sonores, lumineuses, de mobilité).

Malgré de nombreuses oppositions, le collège a néanmoins accordé le permis d’urbanisme, en l’assortissant toutefois de… 32 conditions spécifiques ! De plus, ce permis n’est octroyé que pour une période de 10 ans. C’est très étonnant : autant on peut comprendre qu’une tente soit démontée après 10 ans, autant on a du mal à imaginer qu’un parking de 145 places puisse être démonté…

Un recours en annulation de cette décision a été introduit début janvier de cette année par le comité de quartier Avantichâteau. Le résultat n’en sera pas connu avant plusieurs mois.

Entretemps, la Fondation Mérode a introduit une 2ème demande, pour un permis d’environnement, formalité indispensable pour pouvoir exploiter la tente « évènementielle » en produisant de la musique amplifiée lors des activités.

L’enquête publique à ce sujet est actuellement en cours, du 25 au 8 février (voir avis d’enquête ici). À cette occasion, Ecolo Rixensart tient à faire part de sa position d’opposition à ce projet. Vous trouverez ci-dessous les éléments précis justifiant cette opposition.

 

En ce qui concerne la justification du projet

 

Ce projet est justifié par la nécessité de financer la réfection du château de Rixensart. Aucune précision n’est apportée à cet égard. Le contexte incertain actuel qui pèse particulièrement sur le secteur évènementiel amène inévitablement à se poser des questions sur la pertinence d’un tel projet. Cette interrogation ne concerne sans doute pas directement l’actuelle demande de permis mais soulève la question de sa cohérence avec la demande d’un permis « temporaire » dans la mesure où la durée de la demande n’est pas précisée au regard de la volonté affichée de réunir un financement suffisant pour la réfection du château.

En réalité, nous croyons que d’autres solutions existent pour financer la restauration du château, notamment via des subsides européens qui viendraient en complément des subsides régionaux (de 60 à 90% selon le cas) prévus pour des immeubles classés.

Le château de Rixensart est un patrimoine exceptionnel et il nous importe d’assurer sa pérennité. Nous sommes prêts à participer à la réflexion afin de trouver des pistes alternatives au projet actuel.

 

En ce qui concerne la cohérence du projet

 

La demande est faite pour une tente évènementielle dite « temporaire ». Autant on peut admettre qu’une tente soit placée temporairement et les lieux remis en l’état d’origine à la fin de l’exploitation temporaire, autant on ne peut l’imaginer pour la création d’un parking de 145 places. Cet aménagement demandera de combler un étang et d’effectuer des remblais considérables de ± 2335 m³, d’enlever la végétation existante, de placer des rambardes de 1,10 m sur toute la largeur, à différents niveaux. La remise en état d’origine après expiration du permis est tout simplement inenvisageable vu les bouleversements du relief, la disparition de la végétation existante et les perturbations du système d’écoulement des eaux que supposent ces travaux.

 

En ce qui concerne la sécurité du projet

 

Le dossier ne fait aucune mention des aspects « sécurité », en particulier de la sécurité incendie. Or, le rapport des pompiers est on ne peut plus clair : sur les éléments structuraux, la toiture, les parois intérieures et les façades, des dérogations devront être demandées car les normes de résistance au feu pourraient ne pas être recpectées, s’agissant d’un lieu pouvant rassembler plus de 400 personnes.

Il est inquiétant de constater que le dossier est muet sur ce point.

 

En ce qui concerne les effets du projet sur l’environnement

 

Sur les eaux

 

Le dossier est muet quant à la perturbation du réseau naturel de ruissellement des eaux de pluie en raison du comblement de l’étang, où des traces de suintements de la nappe phréatique sont observées, mises en évidence par la Commission royale des Monuments, sites et fouilles (cf. permis d’urbanisme). Cette même Commission parle de la nécessité de prévoir un drainage des suintements des eaux profondes, non prévu par le projet.

Il est également muet quant au risque de pollution des eaux par les fuites d’hydrocarbures et les dépôts de métaux lourds et autres polluants causés par les manœuvres et le stationnement de véhicules, d’autant que le revêtement du parking sera perméable.

 

Sur Natura 2000 et la biodiversité

 

Le dossier signale que la tente est à 100 m à vol d’oiseau du site Natura 2000 le plus proche. S’il en est bien ainsi pour la tente, ce n’est pas le cas pour l’aire de stationnement qui se trouvera en bordure du site Natura 2000. Le trafic des voitures, le bruit des moteurs et la lumière des phares provoqueront incontestablement des perturbations sur la faune. Le dossier ignore totalement cette problématique. Il ne mentionne que les nuisances dues à l’éclairage du parking lui-même, qui sera conçu pour les minimiser.

De même, aucune mention de la perturbation du réseau hydrique due aux terrassements et au comblement de l’étang, comme signalé ci-dessus.

Le dossier indique qu’il y aura absence d’abattage. Il s’agit d’une erreur d’optique, les abattages ont en réalité déjà eu lieu il y a peu, par anticipation dirait-on. Par ailleurs, la destruction de la végétation existante n’est pas mentionnée. On parle de « friche », sans signaler la présence d’une végétation typique de zones humides telle du carex, également signalée par la Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles.

Le dossier ne parle d’aucun effet cumulatif à étudier en raison d’autres projets. Cette affirmation ignore un autre projet de parkings, également en zone d’espaces verts, en bordure du même site Natura 2000 mais du côté de Rosières. Un examen de possibles effets cumulatifs aurait pour le moins dû être effectué.

 

Sur les sources de bruit généré

 

L’étude acoustique minimise les nuisances acoustiques et, pour les riverains les plus exposés, les évalue sous les limites imposées par la Région wallonne (35 dB). Elle se contente d’une simulation théorique ne prenant en compte ni la localisation ni le nombre des enceintes de la piste de danse, éléments inconnus à ce stade qui auraient nécessité une modélisation spécifique. Elle prend pour acquis, sur base des déclarations du demandeur, que le bruit généré par la musique amplifiée ne dépassera pas 75 dB en moyenne (ce qui par ailleurs suppose qu’il pourrait y avoir des dépassements). Elle suppose également que durant les évènements, portes et fenêtres seront fermées et que les participants resteront tous à l’intérieur, ce qui est peu réaliste en été. Elle ne tient pas compte d’autres sources de bruit, tels les participants eux-mêmes aux évènements,  les générateurs de chaleur et les groupes électrogènes. Bref, cette étude est totalement insuffisante et tout porte à croire que les limites tolérables seront dépassées.

 

Sur la mobilité

 

Le dossier indique que pour accéder à l’aire de stationnement, les véhicules emprunteront, sur une partie du trajet, la drève des Étangs dans les 2 sens. Ceci qui pourrait entrainer des conflits avec la circulation des piétons promeneurs et cyclistes, dont la présence est tolérée depuis des décennies par le propriétaire. Cet élément n’est pas pris en compte.

Le dossier, ici aussi, minimise l’impact du projet sur la mobilité, en estimant qu’il n’y aura pas de saturation importante attendue. Il identifie pourtant la possibilité de problèmes rue de l’Église, entre le trafic habituel et les entrées et sorties du parking à l’occasion des évènements organisés dans la tente. La seule mesure préconisée est l’élargissement de la voirie d’accès sur le domaine privé du demandeur. Or, on se trouve à un carrefour dangereux, à 4 branches, dont l’axe principal, la rue de l’Église, connait un trafic déjà considérable. Il s’agit d’un itinéraire majeur menant vers l’important parc d’activités économiques de Wavre Nord, vers la E411 et vers la ville de Wavre. De plus, aboutissent à ce carrefour des voiries donnant accès à 2 écoles fondamentales et au Complexe sportif. Tout ceci est ignoré, tout comme sont ignorées la possibilité et les conséquences d’un cumul entre le trafic généré par les évènements de la tente et ceux organisés par les écoles ou le Complexe sportif. Le dossier est totalement insuffisant sur ce point.

 

Sur les émissions de gaz à effet de serre

 

Le dossier donne quelques informations sur les émissions de gaz à effet de serre mais ne comporte aucune analyse précise pour estimer l’impact du projet à cet égard. Il s’agit pourtant d’un élément capital pour évaluer ses effets sur l’environnement, certainement négatifs vu le faible niveau d’isolation de la tente, véritable « passoire énergétique ».

 

Compte tenu des observations qui précèdent, des graves lacunes et des manquements sérieux dans ce dossier, nous nous opposons à la délivrance du permis d’environnement sollicité.

 

 

Annexes:

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