Un réel processus participatif à Rixensart ?

 

Poirier-Dieu, ancien site de GSK à Genval. Une dizaine d’hectares principalement couverts de prairies, avec une école communale et un immeuble de bureaux à l’abandon dans une zone qui n’était pas encore dédiée à du logement.

 

Un avant-projet d’aménagement pour cette zone, propriété du groupe immobilier BESIX, a fait l’objet d’un plan communal d’aménagement révisionnel (PCAR). Le promoteur y prévoyait alors 165 logements et une maison de repos et de soins pour 150 personnes.

 

Cet avant-projet a été adopté par le Conseil communal en décembre 2015 par 16 voix pour (NAP-MR, Libéral), 8 voix contre (Ecolo et PS) et 3 abstentions (Proximité). Cette forte opposition était motivée par plusieurs éléments : ce plan était un copié-collé du projet du promoteur, il n’avait fait l’objet d’aucune concertation, et la prudence s’imposait face à l’urbanisation galopante et la densification importante de Rixensart.

 

Face à ce projet pharaonique, un comité de quartier s’est constitué en 2015 et a œuvré sans relâche durant plusieurs années, réclamant une écoute et une implication forte des autorités communales pour garantir le cadrage du processus PCAR et le développement d’un projet concerté et axé sur l’intérêt général.

 

Le 28 mars 2018, avec en toile de fond les élections de 2018, le Conseil communal a adopté, à l’unanimité, la mise en place d’un groupe de travail communal Poirier-Dieu incluant citoyens, associations et représentants politiques. Son objectif : revoir l’avant-projet de Plan communal d’aménagement révisionnel du Poirier-Dieu sous 4 orientations : densité, maillage écologique, mobilité et espaces verts. Un bon signal qui a suscité une bonne impulsion et s’est traduit par une implication citoyenne constructive sur ce dossier d’aménagement du territoire.

 

Nous avons donc été surpris par la décision du Collège de revoir cette délibération lors du dernier Conseil communal du 28 avril 2021 en supprimant le principe d’une révision de l’avant-projet de PCAR par le groupe de travail communal Poirier-Dieu, ceci sur le conseil d’un bureau de consultance juridique opérant au bénéfice du propriétaire (BESIX).

 

La majorité communale justifie cela par une volonté d’épargner du temps et de garantir que ce projet d’urbanisme aboutisse conformément à la réglementation wallonne antérieure, et non aux conditions du Code d’Aménagement du Territoire (CoDT) en vigueur depuis 2017.

 

Nous avons deux raisons sérieuses de nous inquiéter et donc de nous y opposer : d’une part, l’avis du Collège repose principalement sur la note d’un bureau juridique œuvrant pour le compte du promoteur – avec potentiel conflit d’intérêt –, et d’autre part, ce revirement pose la question du sort réservé aux recommandations émises par le groupe de travail Poirier-Dieu… Etait-ce alors un miroir aux alouettes ?

 

Nous plaidons pour une écoute attentive des recommandations émises par le groupe de travail. Si certaines pistes ont été explorées et semblent intégrées, le groupe de travail n’a toujours pas reçu de réponse claire concernant des questions fondamentales, notamment la quantité et le  type de logements attendus.

 

Or en appliquant la densité recommandée de 20 logements/ha (selon le Schéma de Développement Communal) et en suivant la règle de calcul sur la part réservée à l’habitat qui vaut pour les projets de particuliers, la limite est clairement fixée à 100 logements.

Si notre commune doit veiller à donner un véritable accès au logement, notamment pour les jeunes, il est essentiel de développer Rixensart de façon durable. Et c’est bien au politique de prévoir l’avenir et de cadrer les ambitions immobilières de promoteurs privés.

 

Le processus participatif constitue une réelle valeur ajoutée pour notre commune. Les riverains et les associations posent de nombreuses questions, argumentent et partagent leur réalité quotidienne. Ils découvrent les arcanes de certaines procédures et collaborent à l’élaboration d’un projet adapté à leur cadre de vie et durable.

 

Nos groupes Ecolo, Proximité et DéFI insistent sur l’importance de veiller à intégrer les recommandations concrètes du groupe de travail Poirier-Dieu dans les conclusions du projet de PCAR, afin d’assurer l’effectivité de ce processus participatif. Il est essentiel pour nos 3 groupes que cette démarche, nouvelle pour notre commune, constitue une réelle prise en considération des préoccupations et attentes des citoyens et de la société civile. Nous souhaitons ardemment qu’elle soit la première étape d’une réelle inclusion de la démocratie participative au sein de notre commune.  

 

Votre groupe des conseillers communaux Ecolo : Vincent Darmstaedter, Amandine Honhon, Alain Kinsella, Philippe Lauwers, Fabienne Petiberghein et Charlotte Rigo.

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