Sécurisation des accès aux écoles de Rosières

 

La voiture gagne, mais qu’en est-il de la sécurité des piétons et cyclistes ?

 

Depuis 2014, le collège planche sur un projet de sécurisation des accès aux écoles de Rosières. Louable intention, évidemment. Mais pour quel résultat ? Cinquante places de parking supplémentaires en site propre, un rond-point, des voies d’accès, deux nouvelles aires d’arrêt pour les bus, une nouvelle bretelle d’autoroute, du bétonnage en zone d’espaces verts…

Peu convaincant, à nos yeux : une fuite en avant au profit quasi exclusif de la voiture, apparemment le seul moyen de transport envisagé pour aller à l’école !

En revanche, si vous voulez conduire votre enfant à l’école à pied, à vélo, en rangs « pédibus » ou « vélibus », il faudra s’accrocher : les aménagements proposés ne prévoient rien. Si vous venez de la rue Kwakenbienne, du sentier du Vieux Champêtre ou de la rue du Bois du Bosquet, il sera toujours aussi dangereux de traverser la rue de la Hulpe.

Nous avions imaginé tout autre chose : un réaménagement complet de la rue de la Hulpe, forçant, par un nouveau tracé de la route, les automobilistes à ralentir déjà bien en amont de part et d’autre des entrées des écoles, avec des zones sécurisées pour piétons et cyclistes, une signalisation forte à destination des voitures, une zone sécurisée de dépose-minute. Tout cela aurait bien mieux atteint l’objectif de sécurisation de tous les usagers, quel que soit leur mode de déplacement.

Des alternatives dans ce sens ont été proposées, qui ne négligeaient d’ailleurs pas le besoin de parkings mais hors zone d’espaces verts de la vallée de la Lasne. Elles ont toutes été balayées d’un revers de la main par un bureau d’études n’hésitant par ailleurs pas à pousser à la dépense : sachez que le projet proposé est estimé à près de 2 millions d’euros, dont 900.000 à charge de la commune… La sécurité n’a pas de prix, c’est entendu, mais si cet objectif est manqué, on se trouve plutôt devant un futur « grand travail inutile »…

En outre, il faut le rappeler, des dérogations au plan de secteur et à l’arrêté de classement de la vallée de la Lasne seront nécessaires. Pas rien : il faut des arguments solides pour les obtenir. Pour les promoteurs du projet, « on ose imaginer que les autorités accepteront ces dérogations pour la sécurité des enfants ». Sauf que s’il apparait que le projet n’apporte pas de réelle solution à la sécurité de tous les usagers, il s’agit d’une mystification qui risque bien de tout faire capoter.

Il n’est pas trop tard pour se ressaisir et reconsidérer le projet afin d’en revenir à l’objectif premier : permettre aux enfants, qu’ils soient piétons, cyclistes ou conduits en voiture, de rejoindre l’école en toute sécurité.

Aujourd’hui, la voiture reste le moyen largement majoritaire pour conduire les enfants à l’école. On voit combien cette situation entraine des investissements à la fois dévoreurs de moyens financiers et d’espaces verts. Des aménagements intelligents, moins couteux et plus respectueux de l’environnement, pourraient faire évoluer cette tendance au profit des modes de déplacement plus durables. La sécurisation des accès aux écoles de Rosières est une belle occasion à saisir !

 

Le groupe Ecolo au conseil communal : Eric Bamps, Martine Biemans, Gérald Bocken, Bernard Buntinx, Anne-Marie Lemoine

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