Au menu du Conseil communal de ce mercredi 4 mars 2026

 

Tri des textiles : un modèle social fragilisé face à la fast fashion

 

La question de la fin de vie des textiles est plus que jamais un enjeu environnemental et sociétal majeur. La “fast fashion” (littéralement “mode rapide”) contribue à une augmentation rapide des volumes de textiles mis sur le marché. Malheureusement ceux-ci sont souvent de mauvaise qualité, à faible durée de vie et difficiles à réemployer ou recycler.

En Belgique, ce sont les opérateurs de l’économie sociale qui sont chargés de la collecte et du tri des textiles. Les ASBLs Terre et Les Petits Rien, ainsi qu’Oxfam Belgique, font face à une hausse importante de la quantité de textiles à traiter mais surtout de la fraction de textiles impossible à valoriser. La situation s’est encore aggravée depuis l’entrée en vigueur le 1er janvier 2025 d’un nouveau cadre législatif qui impose de collecter les déchets textiles indépendamment du flux des déchets résiduels sauf s’ils sont mouillés ou souillés – voir à ce sujet les Brèves de Conseil du 21 mai 2025

Malgré des aides régionales récentes, le secteur appelle à une prise de conscience collective afin de préserver cette filière locale, sociale et circulaire, qui emploie plus de 400 personnes en insertion. Si les intercommunales de gestion des déchets devaient prendre en charge la collecte des textiles usagés, le coût estimé se monte à 7.200.000 € (source wallonie.be).

La commune a renouvelé ce mercredi sa convention avec l’ASBL Terre pour la collecte des déchets textiles. A cette occasion, notre groupe ECOLO a rappelé qu’une meilleure sensibilisation des citoyens est essentielle. Il est nécessaire d’améliorer la communication sur les bonnes pratiques de tri, d’expliquer l’importance sociale et environnementale de la filière, et d’encourager des comportements plus responsables (acheter moins, privilégier la qualité et la seconde main).

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Nous avons voté 4 “Oui” à ce point.

 

Vers une énergie partagée : quels prochains pas pour Rixensart ?

 

Une communauté d’énergie est un modèle collaboratif où plusieurs acteurs, qu’ils soient citoyens, entreprises ou institutions publiques, travaillent ensemble pour gérer l’énergie. L’objectif principal est de favoriser la production et la consommation locale d’énergie renouvelable, tout en réduisant la dépendance aux grandes infrastructures énergétiques” (source: communauteenergie.be).

Nous avons voté ce mercredi soir la création d’une communauté d’énergie renouvelable (CER), appelée “soleil de Rixensart”. Cette initiative est une des actions phares du plan climat et du Plan Stratégique transversal. C’est une approche évolutive qui a été choisie : dans un premier temps, cette CER comptera uniquement deux membres,  la commune et le CPAS. Tous deux disposent de panneaux photovoltaïques, mais pour la première la production dépasse la consommation – notamment pendant les congés scolaires, les panneaux étant installés sur les toits des écoles communales – tandis que pour le second la production est insuffisante.

Il s’agit donc ici de réaliser un partage intelligent des ressources, avec une revente d’électricité au CPAS à un prix inférieur à celui du marché, mais supérieur à celui de la mise sur le réseau de l’électricité excédentaire. L’objectif est donc une meilleure valorisation de l’énergie produite localement, ainsi qu’une réduction des coûts pour le CPAS.

Cette première phase de test, entre partenaires qui se connaissent bien, durera au moins 9 mois. Si les résultats sont probants, la CER sera étendue à d’autres acteurs du territoire communal tout en veillant à garder un équilibre entre les différents profils de “producteurs” et de “consommateurs”.

Notre groupe ECOLO remercie en particulier le conseiller énergie de la commune, dont l’expertise et l’engagement rendent ce projet possible. Ce projet constitue une avancée vers davantage de souveraineté énergétique locale, avec une gouvernance démocratique et transparente, contribuant à la transition climatique, à la réduction de l’empreinte environnementale, à l’implication citoyenne et à la justice énergétique. Souhaitant que la CER s’élargisse rapidement, nous avons posé la question des modalités prévues pour intégrer de nouveaux membres. La Première Echevine a confirmé que des réunions d’information et des appels à participation seront bien organisés.

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Nous avons voté 4 “Oui” à ce point.

 

Mise en zone cyclable d’un tronçon de la rue Ferme du Plagniaux

 

Le conseil communal a voté ce mercredi la mise en zone cyclable de la partie pavée de la rue de la ferme du Plagniau, tandis que la partie macadamisée est mise en zone 30, ce qui constitue une amélioration, au niveau de la sécurité, par rapport à la situation actuelle. Notre groupe ECOLO a tenu à souligner que cette décision est aussi une régression par rapport au vote du 21 mai 2025, selon lequel l’ensemble de la rue devait être aménagé en zone cyclable.

Pour justifier son refus de zone cyclable sur la partie macadamisée, l’autorité de tutelle (le gouvernement wallon) indique que “le tronçon situé entre le n° 161 et la rue de Bierges (partie macadamisée) présente un caractère rural, sans continuité du bâti ni environnement urbain dense et que dans ce contexte, l’instauration d’une zone cyclable n’est pas considérée comme pertinente

Or, il existe des critères objectifs permettant d’évaluer la pertinence d’une zone cyclable. Ces critères sont repris dans la fiche de la Sécurothèque de la tutelle : la densité du trafic automobile, la longueur de la section, le gabarit de la voirie, la déclivité… En revanche, le caractère rural ou l’absence d’environnement urbain dense n’y figurent pas, ce qui pose question quant à la cohérence et la légitimité des critères utilisés. 

Nous regrettons donc cette décision, d’autant plus que la totalité de la voirie concernée constitue une liaison entre Rixensart et la future cyclostrade. Nous sommes donc bien sur un axe cyclable important, avec l’ambition, à terme, d’y encourager davantage de déplacements à vélo que de déplacements motorisés. L’absence d’environnement urbain dense ne remet pas en cause cet objectif stratégique.

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Nous avons voté 3 “Oui” à ce point, et 1 abstention afin de pouvoir inscrire nos interrogations dans le procès-verbal du conseil communal

 

Budget du Centre Public d’Action Sociale – une autonomie financière en recul

 

Le président du CPAS a présenté ce mercredi la proposition de budget pour le CPAS en 2026. 

Notre groupe ECOLO s’inquiète de ce que l’équilibre de ce budget repose notamment sur une opération comptable particulière : les recettes du quatrième trimestre 2025 ont été réattribuées aux comptes 2025, alors qu’elles auraient auparavant été affectées aux comptes 2026. Les comptes 2025 intégrant également les recettes du quatrième trimestre 2024, cela revient à comptabiliser un « cinquième trimestre » de recettes en 2025, générant une recette exceptionnelle de plus de 500.000 euros – une recette qui, par définition, ne se reproduira pas. Elle devra donc être compensée, dès le budget 2027, par une augmentation significative de la dotation communale.

Par ailleurs, le montant de la dotation communale a été fixé unilatéralement par les organes communaux, sans concertation préalable avec les organes décisionnels du CPAS, ce qui contrevient à la loi organique sur les CPAS. Les services administratifs ont ensuite dû ajuster les dépenses et les recettes pour faire correspondre le budget au montant imposé. Autrement dit, le budget n’a pas été élaboré sur la base d’une évaluation autonome des besoins réels du CPAS, mais construit pour s’adapter à une dotation prédéterminée.

Enfin, le budget qui nous est soumis entérine l’aboutissement d’une tendance observée depuis deux législatures : l’épuisement progressif du fonds de réserve ordinaire.

Cette situation aura deux conséquences majeures :

  • À l’avenir, l’équilibre du budget du CPAS dépendra entièrement de la volonté du Conseil communal d’augmenter la dotation communale. Cette dépendance sera encore plus marquée en 2027, en raison du déséquilibre structurel créé par la recette exceptionnelle inscrite en 2026.

  • L’épuisement du fonds de réserve ordinaire empêchera désormais le CPAS d’absorber d’éventuels déficits de trésorerie, qu’ils soient ponctuels ou récurrents.

Dans ce contexte, le CPAS devra probablement conclure une convention de trésorerie avec la commune, ce qui réduira encore davantage son autonomie financière.

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Notre groupe s’est abstenu sur ce point plutôt que de le rejeter, par sens des responsabilités, afin de permettre aux services du CPAS de fonctionner normalement dans les meilleurs délais.

 

Rixensart, commune hospitalière, se repositionne sans ambiguïté contre les visites domiciliaires

 

Le 18 juillet 2025, le Conseil des ministres a approuvé un avant-projet de loi, porté par la ministre de l’Asile et de la Migration et la ministre de la Justice, visant à autoriser les visites domiciliaires dans le cadre de l’application de mesures en matière d’immigration.

Concrètement, il s’agirait de permettre à la police, éventuellement accompagnée d’un·e fonctionnaire de l’Office des étrangers, de forcer l’accès à une habitation où séjourne — même temporairement — une personne sans titre de séjour, entre 5 h et 21 h, sans le consentement des occupant·es. L’objectif serait d’arrêter la personne afin de la placer en détention en vue de son expulsion. Une simple autorisation d’un·e juge d’instruction suffirait.

La nouvelle loi prévoirait également que, si la personne ne peut pas présenter de document d’identité, une fouille du domicile pourrait être effectuée.

Cet avant-projet de loi remet en cause la solidarité citoyenne, la dignité humaine et l’accueil auquel toute personne devrait pouvoir prétendre, quel que soit son statut de séjour.

Il ouvre la porte à des abus et crée un risque sérieux de violation des droits fondamentaux, en particulier du droit à la vie privée et familiale — tant pour les personnes sans papiers que pour celles et ceux qui les hébergent.

Ecolo Rixensart a proposé une motion, amendée par le groupe AP-MR et votée à 22 voix pour et 2 abstentions, qui notamment : 

  • affirme solennellement la volonté de la Commune de Rixensart de demeurer une commune hospitalière, accueillante, responsable et respectueuse de la dignité humaine, soutenant l’accueil des personnes migrantes sur son territoire par des familles et citoyens engagés de bonne foi ;
  • exprimer son opposition à l’intention du Gouvernement fédéral d’adopter une loi autorisant des visites domiciliaires dans le but d’arrêter des personnes en séjour irrégulier ;

La motion entière se trouve ici: Motion concernant l’avant-projet sur les visites domiciliaires pour les personnes en séjour irrégulier

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